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Ko Phayam

Cette île autrefois entièrement dévouée à la noix de cajou (sans parler de pêche, mais sur une île…) prospère maintenant grâce aux touristes. Avant les bungalows, il y avait donc des arbres à cajou. Ce sont toujours les même propriétaires, ils leur restent quelques hectares mais la production est en berne, la faute au climat qui fait pleuvoir de l’eau quand, ce n’est pas la saison, sur les fleurs qui n’en veulent absolument pas. Le tourisme les a sauvé, en tout cas en au sauvé quelques uns. La jeune patronne de nos bungalows -qui a en fait une fille de 17 ans, mais c’est fou ce qu’ils paraissent plus jeune- a commencé à parler anglais il y a seulement 5 ans, en montant les bungalows avec son frère et deux autres personnes. Elle a un traducteur électronique, ainsi a-t-elle pu apprendre en autodidacte.

Corinne est revenue de Saïgon, la famille est à nouveau en ordre de marche. On devrait partir prochainement parce que plus de liquide. Ko Phayam est encore largement sauvage, pas de distributeur.
Nous sommes à l’extrémité de la plage principale de l’île (il y en a une autre plus petite que je découvrirai demain matin en kayak). Tout au bout pour être tranquille, éviter les sonos sur la plage qui hurlent jusqu’à 4h du mat, les gens partout sur la plage. Pour la sono, c’est presque râté : j’entends en ce moment Manu Chao, un bar restau à 50m qui pousse le son jusque vers 4h du matin mais ça ne m’empêche pas de dormir. Au contraire, j’aime bien. En attendant Corinne, nous étions dans les bungalows situés juste à côté de la musique. C’était fort mais les enfants dormaient à point fermés, moi aussi d’ailleurs. Et avant de dormir, très bonne ambiance entre les voyageurs.
À côté de nous mes potes les brésiliens, un couple adorable. 30mn avant de partir, ils ont eu envie de fabriquer des bracelets pour les enfants. z’étaient bien sympas, et leur départ pour Calcutta annonce la fin d’un cycle ici. Ce fut en même temps que le mien, vers d’autres bungalows plus calmes et surtout moins chauds car noyés au milieu de la végétation.
Tout à l’heure nous avons aperçu un couple de Calao. Depuis deux soirs nous entendons un cri très étrange, comme un bruit électronique sorti d’une série de science fiction à deux balles des années 70. Très étrange, combien de temps se cri restera-t-il un mystère pour moi ? Pas autant que le Tokaï Gecko j’espère !
Il y a aussi un magnifique lézard Rouge et noir découvert par les enfants sur le chemin de la forêt menant au restaurant de notre ancien bungalow. J’espère pouvoir le voir avant de partir.
Donc tout au bout de la plage, à l’ombre des arbres et entre les hamacs, ces petits bungalows à moins de 6€ offrent une alternative crédible. Nous ne sommes plus sur la plage, nous ne sommes plus dans cette superbe ambiance, il n’y a plus de feu devant notre bungalow jusqu’à pas d’heure mais on gagne la nature et l’ombre -et accessoirement nous faisons des économies sur la bière et autres !

J’enchaîne les cours de manière régulière depuis 10 jours. Le travail de Merlin s’en ressent, la confiance s’accumule, la concentration s’améliore et les résultats suivent. Pour son troisième contrôle il me sort un 17/20. Dont un superbe 6/6 au dernier exercice, lire un texte et répondre aux questions afin de vérifier sa compréhension. J’étais pourtant très perplexe, mais…
Il était content, Corinne était à la plage, il a couru lui annoncer fièrement son score. C’était émouvant de le voir se précipiter ainsi, je l’imagine plus tard à la sortie de l’école, brandissant comme un coq son carnet, la banane figée.
Il va falloir maintenant se concentrer sur l’école. La Thaïlande et ses plages s’y prêtent bien. La Malaisie un peu moins mais tant pis, on fera l’impasse sur plusieurs visites afin de continuer à donner du rythme aux cours. Puis ce sera l’Indonésie, un mois de vadrouilles, un mois de cours sur je ne sais quelle plage de Lombok. Il reste 3 mois pour finir le programme, mon petit doit me dit que Papi-mamie vont être réquisitionnés ! Coucou Monique !! (oui parce que Papi… heu… comment dire…)

Pattaya

Je n’avais jamais vu d’images ou de reportage de cette ville. Je la connaissais de réputation, déjà nauséabonde il y a 20 ans. Mais je ne m’attendais pas à un bordel à l’échelle de la ville, un bordel à ciel ouvert où chaque rue possède plusieurs bars, chaque bar ses dizaines de filles. Je pensais tout ça caché derrière les murs.

Partis le matin du Ganesha Parc de François, nous arrivons à Pattaya vers 21h, heure à laquelle les ‘tites nanfants sont couchés et ne voient pas le spectacle. Nous traversons la ville au rythme des embouteillages qui encombrent les rues principales ce qui me laisse le temps d’admirer dans quoi je suis venu me fourrer. Un peu mal à l’aise les premiers instants, l’innocence des enfants me fait comprendre qu’il n’y a rien à craindre. C’était une idée de François : Pattaya, les plus virulents contre cette vile, ce sont ceux qui n’y sont jamais allés. Ouais, ben je vais donc faire parti des plus virulents à y être allés. « Et puis tu verras, il y un waterparc, un aquarium géant, un jardin botanique entretenu par 1500 jardiniers etc…  » Je suis venu, j’ai vu j’ai vu mon cher François, et j’ai été vaincu !

On a mis deux heures à trouver un hotel, tous les bons plans complets, en essayant une gamme au dessus, dans les 15€ on a trouvé de quoi finir la nuit. Mais combien de bar nous aurons vu, de gens partout, de musiques si fortes.

Les enfants n’ont rien capté des pièces qui se jouaient un peu partout, les dames ayant la retenue de ne pas s’en approcher. Ils ne se sont pas non plus étonnés de voir autant de très très gros messieurs (je crois qu’on les appelle plus communément des porcs, ou des gros porcs en fonction de son ressenti) avec de jolies petites Thaïlandaises à peine habillées. Quand ils ne sont pas visqueux, les porcs sont vieux, très vieux. Plus de 80 ans, des difficultés à marcher sans la main de la petite pour le soutenir. Des couples parfait !

Le dernier jour, je cherchais je ne sais quoi sur le net lorsque je tombe sur un article de la femme de Belmondo. Je fais une recherche photo et je tombe sur une bombe, 150 ans de moins que le Bèbel. Et là, un petit déclic; pourquoi les peoples auraient le droit de s’acheter une pute pour la vie et le monsieur d’à côté ne pourrait pas la louer pour la soirée ou la semaine ? Parce qu’au final, le but est le même : l’argent. Rhôôô, je suis vilain, je pense à mal tout de suite. Bien sur que les poupées de Bèbel ou Sultizer sont profondément amoureuses de leur vieillard, non bien sur, l’argent n’est en rien une motivation, seuls dans ce cas les sentiments comptent. Hahaha !

Nous avons réussi à y rester trois jours quand même hein ! L’aquarium ne vaut pas son prix d’entrée, 20 minutes et c’était plié. Le musée « Believe it or not » était bien plus sympa, les kids ont adoré toutes ces choses étranges. Le water parc d’une pauvreté affligeante, mais les quatre malheureux toboggans ont fait leur bonheur, Fleur se payant le luxe de faire celui des grands, très impressionnant même pour nous (j’ai du fermer les yeux, ça allait trop vite et on décolle pas mal). Ils ont dévalé les pentes 3 heures durant, je suppose que c’était une bel après-midi !

Les Russes et les Allemands se partagent la ville, les pancartes sont parfois écrites en Allemand, certains dépliants sont en Russe. Vu les températures chez eux en ce moment, je comprends leur envie de… soleil !

Voilà un peu Pattaya. On y rencontre quand même des familles et des couples. Je me demande ce qu’ils viennent foutre ici, c’est vraiment trop naze. Les dégouts et les couleurs…

Au fait, la prostitution est interdite en Thaïlande.

Je le savais, c’était dans un coin de ma tête mais je n’ai pas réussi à le faire passer au premier plan. Bien aidé par Corinne qui ne voulait pas, qui ne veut jamais que je parte même une heure ou deux, c’est toujours douloureux. Sur un si long voyage, si on ne se ménage pas quelque indépendance, quelques journées pour se ressourcer, l’équipe n’atteindra son but (si elle y parvient) qu’en claudiquant.
En Indo nous aurions déjà dû nous échapper, les occasions étaient là. À kepa, le paradis a momentanément occulter le malaise. Il commençait pourtant déjà son sabotage. L’arrivée en Thaïlande n’a fait que l’accentuer. Dans le Nord, le bout du chemin était palpable. Il était prévu que j’aille marcher quelques jours dans la montagne. Ça n’a pas pu se faire, alors il a fallu être radical. Je suis parti une semaine à Saïgon. C’était dimanche.
Je suis arrivé au Vietnam mardi  (j’ai réussi à avoir le visa et le billet dans la journée de lundi), depuis, j’ai du sortir de la maison trois fois, le soir, juste pour aller dîner. Puis rapatriement dare-dare dès la dernière bouchée disparue. Repli, cogitation (méditation ? Hum…), solitude (pas trop non plus), il me fallait bien ça. Mardi on se rejoint à Bangkok, de là on ira vraisemblablement passer une journée avec un éléphant à quelques heures de la capitale, puis… Corinne ira peut-être à son tour à Saïgon, goûter au doux cocon d’une vraie maison, regarder quelques émissions de télé française, vivre une vie normal, loin des guest house et de la pression des touk-touk, loin du petit boui-boui proposant une soupe à 80 centimes.  Pas d’enfants à gérer, pas de mec pour assouvir sa dictature, juste toi ma chérie. Et Thierry qui va s’occuper de ta vie aussi bien qu’il s’est occupé de moi. Un vrai bonheur par les temps qui courent.
Thierry hier s’est levé à 16h hier. J’ai donc passé le temps dans ma chambre à boire des jus et regarder quelques films. Le soir on s’est traîné lamentablement dans un restau du centre ville, plus d’expat’ que de locaux, mais finalement agréable et bon. Encore une grosse journée !
Saïgon est une ville affreuse. Presque. Je l’ai découverte en 2005. Beurk. Revenu en 2008. Re beurk avec une nuance : c’est agréable de voir la vie d’un quartier, son évolution dans le temps avec ce recul naturel. C’est un endroit largement vivable, avec un rythme quotidien bien différencié entre la semaine et le dimanche. Par exemple ce matin, 7h30, le boucan de la rue m’a réveillé. Je dors les fenêtres ouvertes plutôt qu’avec la clim, les bruits entrent comme chez eux, sans égards pour les pauvres blancs encore endormis. Pour un dimanche…
7h30 ! Lalala ! À 10h je commençais Requiem for a dream. À 11h30, le film terminé et bien déprimé, je vais réveiller Thierry. Il n’y a plus un bruit dehors, les commerces sont fermés à l’heure du déjeuner. En semaine bien sur il y a un peu plus d’activités. Comme chez nous.
7h30, j’aurais pu en profiter pour aller voir à quoi ressemble les alentours un dimanche matin, qui va chercher ses brioches, sa petite gâterie de fin de semaine.
Il me faut aller chez le coiffeur, un dimanche ce sera parfait. Elle est nouvelle dans le quartier. L’ancien a fermé en 2009, aussitôt remplacé de l’autre côté de la rue. Sera-t-elle douce lorsqu’elle ira chercher les petits morceaux de cire derrière mes tympans ? J’adore cette sensation. Chez tous les coiffeurs vietnamiens, allez vous faire nettoyer les oreilles, ça vaut largement un massage à mon sens. Pour moins d’1€.
J’aime pas Saïgon parce que dès qu’on veut bouger c’est une grande expédition. Trouver un taxi et en rester prisonnier de trop longues minutes car la circulation est une horreur, je n’ai rien trouvé de comparable ailleurs. L’Inde à côté c’est rien. Rien ! Je reste fasciné par certains carrefour, d’une densité incroyable. La fluidité ajoute à ce côté frénétique, cette ruche de 10 millions d’habitants qui s’engouffre dans des goulets provoqués par les travaux incessants de la ville. Alors le bouchon se crée, des centaines de scooter tentant avec succès de se frayer un chemin jusque de l’autre côté. Que se passe-t-il quand la route est bloquée ? Il reste les trottoirs. Piéton à Saïgon, c’est presque une attraction touristique ! Il faut alors avancer en cherchant l’espace disponible où poser ses tongs, puis faire attention qu’un scoot ne vienne pas le prendre avant. Rock ‘n roll !
Mais j’aime bien revenir ici. J’ai mes repères. Je commence à reconnaître quelques rues, à prendre le bus. Ah non, pas cette année mais virtuellement. Je suis en taxi climatisé au lieu d’être dans un bus ouvert aux quat’ vents. Les sensations ne plus les même, les souvenirs aident à s’imprégner à nouveau de l’urbanisme local. Bref, le petit quartier du grand arrondissment de Go Vap perdu dans la grande Ho Chi Minh ville est très pittoresque et j’adore.

Corinne pendant ce temps continue le voyage avec les enfants :

4 janvier
La journée a débuté par un réveil un peu tardif (9h30), Nina a dormi avec moi.
Puis nous avons pris le petit dèj dans l’hôtel ou il y a la piscine, ensuite nous avons fait les cours, j’ai commence une nouvelle leçon de français pour Merlin, il m’a épaté en lisant sa leçon précédente par sa rapidité de lecture. Nina quant à elle a vaguement commencé son blog sur les baleines (hier nous avons imprimé les feuilles de documentation sur internet), quand a Fleur elle faisait des dessins. Apres nous sommes allés au Burger King Biiiiiiip, puis nous sommes allés visiter le musée sur les insectes, c’était super, Nina a adoré, toi aussi je crois que tu aurais aimé, il y avait une multitude de papillons plus beaux les uns que les autres, des insectes incroyables, des coquillages et des pierres. Nina était dégoûtée de ne pas avoir l’appareil photo pour y faire un article sur le blog.
Et nous sommes revenus il n’y a pas longtemps, ils sont en train de regarder un film sur la DS, puis ce sera grosse douche et rangement des sacs car nous partons demain pour Phitsanulok en bus. Je n’ai pas encore d’idée ou nous allons manger ce soir mais ce sera salade pour tout le monde.

7 janvier
Je n’ai pas pu t’envoyer de mail hier car il y a très peu d’internet a Phitsanulok, et ils ferment très tôt, ça change de Chang Mai pour la vie nocturne, a 22h c’est une ville morte. En revanche il y a une multitude de petites gargotes pour manger, hier soir c’était des pâtes au goût de caramel avec des œufs pour seulement 45 baths, et c’était super bon !
Le trajet en bus fut un peu long (6 heures), sur la fin les enfants n’en pouvaient plus. On a trouvé facilement un hôtel, les enfants sont ravis car il y a une baignoire et un frigo. On devait faire une balade de la ville en tram aujourd’hui (de 9h a 15h), mais depuis le milieu de la nuit il ne cesse de pleuvoir, donc j’ai annule cette balade et les enfants ont envie de ne rien faire, ce sera peut-être pour demain même si j’avais prévu que l’on aille a Suttokai, on verra.
Nous partons pour Ayuttaya apres demain en train, j’ai deja réservé les billets.

8 janvier
Hier soir nous avons mangé dans un marché de nuit, c’était super bon, tu serais fou de voir toutes ces sortes de nourritures, car c’est comme chez le traiteur il y a pleins de plats cuisines. Nous avons mangé du super bon poulet avec des tomates puis des fruits, les enfants ont beaucoup aimé ce repas. Le coucher fut moins pénible, en fait je les couche un à un, et ça se passe bien comme ça.
Ce matin j’ai du les lever pour aller faire le fameux tour en Tram de la ville, j’ai eu encore peur au niveau météo, car il a de nouveau plu cette nuit et ce matin c’était vraiment pas terrible. Nous y sommes allés tout de même, et manque de bol comme il n’y avait pas d’autres touristes ils nous ont dits de revenir à midi. On en a profité pour visiter les temples qui se trouvaient aux alentours puis nous sommes allés dans un grand magasin qui se trouvait pas loin. Nous sommes revenus comme convenu a midi et toujours pas de touristes donc ce fut annulé, étais dégoûtée. Nous sommes donc rentrés a l’hôtel. J’en ai profité pour m’offrir un soin du visage avec un traitement spécial pour les yeux, ce fut super agréable, mais les résultats sur la peau complètement invisibles ! Ce soir on retourne dîner au marché de nuit c’est trop cool et juste en face de l’hôtel. Demain départ a 9h00 pour Ayuthaya, j’espère qu’il y aura plus d’internet.

9 janvier
Noua sommes arrivés a Ayuthaya il y a environ une heure, le trajet en train s’est bien passé, même si la 3ème classe ce sont des sièges durs en plastique. Nous avons trouvé une super guesthouse, en fait nous sommes carrément dans une maison, avec un salon et une grande chambre pour nous 4 et en plus nous avons un super grand jardin et cerise sur le gâteau nous avons accès a la piscine qui cette fois-ci est une vrai grande piscine avec un toboggan (petit bémol elle est a environ 100 mètres de notre chambre), les enfants sont actuellement en train de s’éclater dedans. Demain et après demain nous allons faire les visites des vieux temples et il y a de quoi faire ! J’ai déjà nos billets pour Bangkok, nous y allons en train a nouveau.

Bonne année 2010

Après Chiang Raï, sans intérêt, nous sommes à Chiang Maï. Beaucoup de touristes (je crois que ça va devenir lassant de le répéter, la Thaïlande EST touristique), beaucoup de porcs aussi, qui louent une petite Thaï pour la semaine, le mois et c’est normal. En tout cas ça semble normal ici. C’est sur, c’est plus facile de payer quand on n’a rien d’autre. Parce que bien sur, ils n’ont rien, mais vraiment rien pour séduire même un singe. À 70 ans. Des porcs.
Pour se rassurer, ils disent qu’ils en ont chié toute leur vie, que maintenant à eux d’en profiter. Ou le « je ne suis pas comme les autres, j’ai de beaux restes ». Parfois ils en choisissent une pas trop jeune, plutôt enrobée, ça leur donne bonne conscience. « Non moi les gamines de 25 ans ne m’intéressent pas, je ne suis pas comme les autres… ». Non, tu n’es pas comme les autres, chaque porc est génétiquement différent l’un de l’autre, principe applicable au monde du vivant.
Aussi quand nous avons découvert ces gros lampions qui s’envolent une fois le vœu formulé l’air chauffé, ce fut comme une bouffée de bien être, un soulagement prouvant que le monde peut-être poétique à l’infini. La quête de l’univers de notre jolie maison à vœux à quelques mètres du stupre et de la luxure nous a rassuré quant à l’espèce humaine.
Auparavant, et pour dîner français, nous avons arpenté la rue des bars, et dans un bar ici, on est pas supposé consommer que de l’alcool. Le vivant aussi se consomme, il se trémousse sur le trottoir espérant t’attirer dans son paradis. Les enfants n’y voient que du feu, ils ne font pas encore attention à la mode : une fille avec un short plus court que mes caleçons les choque moins qu’un chien avec un short plus long que mes caleçons. Ah oui, ici tous les chiens sont habillés ! Rigolo ou débile, c’est selon l’humeur.
Salade de chèvre chaud et Saumon fumé en entrée, Magret de canard à l’orange et civet de cerf puis banane flambée au bacardi et colonel pour conclure, sans oublier les deux pichet de vin d’Afrique du Sud. Ça paraît simple, mais pour qui n’a pas vu ne serait-ce que la composition d’un menu français depuis cinq mois, ça relève de l’indicible. Après ce délicieux et gargantuesque repas, nous avons rejoint mes amies Québécoises aperçues quelques instants à Bangkok. Enfin je retrouvai ma Mich pour un jour de l’an. Le premier que nous avons passé ensemble c’était au Caire en 1993. Aujourd’hui c’est à Chiang Maï. J’espère qu’il y en aura d’autres. Hein ma belle ?

Bangkok

J’ai hâte de passer quelques semaines à Bali en avril-mai tellement cette île est différente de l’Indonésie, et est à part de tout ce que j’ai pu visiter). Tout y est facile, simple et surtout beau, beau, beau. Ils ont un sens de l’esthétique à faire pâlir bien du monde. C’est aussi une version assagie de l’hindouisme, sans sa violence et ses castes destructrices.
Nous sommes revenus à Kuta quelques jours, j’ai bien aimé cette fois. On avait besoin de boutique, d’agitation et de monde après ces 24 jours paradisiaques, mais à l’écart de tout. Kuta c’est super pratique, on y trouve tout sans se prendre la tête à des prix agréables. J’y est revu les plongeurs de Kepa, des gens que j’ai beaucoup apprécié.
Mais pour le moment nous sommes à Bangkok, dans un quartier tranquille, loin de Kao San road. Hôtel pas cher (250B la double), ambiance sympa, marché qui fait notre bonheur quant aux échoppes nous proposant des plats délicieux et pas épicés. On prend nos marques tout doucement, demain c’est Noël, on cherche une bonne bouteille de vin à défaut de bon restaurant faute d’accoutrement adéquate et budget incompatible (quoique…).
On va certainement un peu galérer avec les visas encore une fois, à Denpasar le consulat Thaï n’a pas voulu nous délivrer 60j parce que pas de billets de sortie (puisqu’on sort par la route vers la Malaisie). Il nous faudra donc faire un visa-run, ce qui nous oblige à nous rapprocher rapidement de la frontière pour la franchir au plus tard le 19 janvier. Nous partons pour Chang Raï le 27, puis Chang Maï le 31 pour passer le réveillon avec des copines Québécoises. Je n’avais pas revu Caroline depuis 1993 ! Micheline c’était il y a 4 ans, hier quoi. C’est chose faite dans un horrible centre commercial, mais heureux d’avoir passer 2 heures avec elles. Le réveillon s’annonce très très bien.
Les Thaï sont plutôt sympas pour le moment. Les petits bouis-bouis où nous prenons nos soupes ne sur-facturent pas, ont le regard bienveillants envers ma progéniture et ne nous mettent pas de piment. Pour l’instant tout est parfait. Et puis je suis en vacances. Presque. Après avoir porté à bout de bras toute la smalla durant ces 5 mois parfois éprouvants, je passe le relais à Corinne. La Thaïlande est un pays tellement facile à voyager qu’elle ne devrait pas avoir trop de mal à nous emmener visiter temples et palais. Je ne gère plus rien, je me laisse aller, passif. Trop trop bon. Je reste malgré tout vigilant afin d’éviter de passer une nuit dehors mais le plus gros de la logistique est déléguée ! Il me faudra juste intervenir dans le timing et au moment des visa-run. Un peu aussi sur la recherche d’île préservées (j’ai quelques bons plans en réserve). J’aurai donc tout le temps d’apprécier une bière sans avoir le nez plongé dans la bible.

Joyeux Noël à tout le monde.

Coup de cœur

Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates est un livre qu’il faut absolument lire. Parce que c’est doux, féminin, simple, original, intéressant. Dévoré en deux jours (je devais le rendre). Foncez à la bibliothèque et plongez-vous dans l’univers anglais de 1946, admirez le côté so british de Londres et Guernesey.

Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates

Médias

Les photos et vidéos sont à jour, merci à la superbe connexion wifi de l’hôtel de Bangkok.

Nous sommes au paradis depuis deux jours ! Cet endroit me fait terriblement penser à Oléron. Bien sur, ce n’est pas aussi bien, par exemple la plage de sable blanc ou la couleur de l’eau turquoise n’égale en rien l’immense splendeur de Chaucre, tout comme les bungalows traditionnels, typique de cette région du globe ne me feront oublier ma tente décathlon ou ma caravane du siècle dernier. Et puis l’horreur suprême : il y a l’électricité. Alors là non, définitivement rien ne pourra rivaliser avec le charme d’Oléron, de mon champs et cette ambiance incroyable qui y règne. Bon, pas sur qu’on retourne un jour à Oléron, alors peut-être nous contenterons-nous de La P’tite Kepa. Parce que oui, bien sur que nous reviendrons. Comment ne pas revenir dans ce lieu magique. L’atmosphère pour le moment y est des plus agréable. Cedrick et Anne, les heureux propriétaire de ce havre de paix, reçoivent en ce moment des amis, tous divemasters. Nous avons donc la chance de côtoyer ce monde, de vivre avec, de partager leur passion commune, la mer et ce qu’elle renferme. Tiens cet après-midi, Je me reposais dans le hamac de mes deux extraordinaires (je pourrai employer tous les superlatifs de la terre que ça ne suffirait pas) plongées du matin. Corinne crémait les kids pour aller à la plage quand soudain un grand splash puis un claquement sec sur l’eau. elle crie « des baleines » ! La torpeur du camp c’est vite transformé en ruche sur-vitaminée, chacun cherchant ses chaussures, courant vers la côté (à 2m des bungalows). Trois balaine passant devant notre petite île, venant respirer puis repassant sous l’eau. Spectacle émouvant, doublement car au bout de l’île le passage entre Alor et Kepa est trop étroit, elles ont du rebrousser chemin et passer à nouveau devant nous. Lalalalala !

Et puis il y a ces si jolis bungalows sur pilotis avec vue sur 360°. Ils reprennent trait pour trait l’architecture traditionnelle des maison d’ici, à savoir quatre niveau. Les deux premiers servent de lieu de vie, les deux suivants pour le stockage des denrées alimentaires, souvent la récolte. Nous avons le plus grand, permettant de mettre deux lit aux deuxième niveau (les enfants y dorment) et le notre au premier niveau. Il y a seulement des planches, sortent de cannisses rigides, d’environ 70cm, posées au sol qui permettent d’avoir une petit intimité lorsqu’on dort. En revanche si je m’assois tout le monde me voit. L’énorme avantage est qu’assis je vois tout autour de moi, et le matin, mon premier geste en me réveillant est de m’assoir et regarder la mer juste devant. Mortel !

Les plongées sont parmi les plus belles au monde. C’est simple, aujourd’hui sur le bateau il n’y avait que des divemasters ! Je me suis fait tout petit et n’ai pas fait le malin ! Sur les cinq, trois étaient des amis de Cédric. Il y avait un petit air de franche camaraderie, des potes qui vivent leur passion. L’avantage de plonger avec des cadors -parce qu’ils sont bons, sont pas que potes- est d’avoir autant de paire d’yeux scrutant les fonds. Alors parfois il y a plusieurs appels simultanés pour voir un corail ou autre rareté aquatique. Surtout ce matin, une plongée très différente de ce qui se fait d’ordinaire, un muc-dive. Pas des beaux coraux ou pléthore de poissons. Juste la recherche d’une sorte particulière de poisson : les rhinopias, le graal pour tous les photographes sous-marins. Il faut dire que la bestiole vaut le détour ! On en a vu deux, dans ce paysage presque lunaire. C’était une bonne mise en jambe avant l’orgie de l’après-midi et la palpitante plongée de nuit. Pascale et Donatien, il faut venir nous voir !

Lila, la fille d’Anne et Cédric, a 6 ans, comme Merlin. Tous l’ont adopté à moins que ce ne soit l’inverse. Elle va trois jours à l’école d’Alor et trois jours avec ses parents, le CNED comme support. C’est une bonne formule puisqu’elle parle indonésien, peut-être même mieux que le français. La maman est fille d’instituteurs, ça doit aider ! Je pense que durant ces quelques semaines a passer ici, Merlin aura l’occasion de faire quelques cours avec Lila, ce sera une bonne chose pour eux deux que d’avoir un peu d’émulation/stimulation.

L’internet café le plus proche se situe à une heure de La P’tite Kepa. Alors le blog va prendre un rythme vacancier ! Je vais essayer de me connecter une fois par semaine mais rien de garanti, quitter le paradis ne se fait pas facilement.

…Encore et encore

Coqs et poules auront passé la nuit à réveiller Corinne, et gros brouhaha vers 5h30, juste avant la levée du jour. Une cacophonie de folie arrivant par rafales, ils s’y sont tous mis sous notre fenêtre ! Quelques minutes plus tard, la masse s’est déplacée, on les entend encore au loin entre les cocoricos des coqs du losemen. Comme il faut aller au port de bonne heure chercher des infos sur quel bateau nous emmènera à Alor; ça tombe bien, je suis dispo !
Là mauvaise nouvelle, les seuls bateaux à faire une navette vont à Bara Nussa. De là il faudra donc à nouveau négocier pour un autre bateau. Le boss du losemen est avec moi, il indique à un capitaine ce que nous voulons. Mais je ne veux pas privatiser un bateau (il demande 150 000), je veux un bateau publique. Ce sont les mêmes de toute façon.
Je temporise au losemen et jouit du spectacle du marché qui se met progressivement en place. La poissonnière découpe un thon jaune d’une taille impressionnante. En plein soleil. Les bâches se tendent, les cintres affublés de vêtements apparaissent, les pièces électroniques, les accessoires de jeunes filles… Tout un monde.
Trois heures plus tard, je suis présenté à un autre capitaine qui me demande 100 000. Je veux juste un bateau publique et payer comme tout le monde, ça devrait se trouver. Il n’y a pas mon réseau ici, je ne peux pas joindre Cedrick à Kepa, il m’aurait certainement dépatouiller de ce merdier. Je retourne au port, enfin sur la plage qui fait office de port, essayer de trouver une solution sinon c’est retour en arrière, à savoir bus pour Lewoleba et ferry le soir même. Dix heures en mer pus arrivée à Alor dans la nuit ou au petit matin.
Un bateau me prend 80 000. Ça me va, je ne sais même pas si il y aura du monde avec nous. Je rameute la troupe et déboule sur la plage avec les bagages. Je retrouve une femme croisée plus tôt, qui m’avait parlé d’une voix incroyablement douce et posée, de façon monotone et finissant toujours ses phrases par un point très prononcé, donnant à sa diction une connotation dramatique. Et ceci dans un Indonésien presque compréhensible. Elle m’indique cette fois le bateau d’â côté, celui qui part pour Bara Nussa, chargé à ras bord. Le vrai prix -20 000 par personne et les enfants ne payent pas- me fait changer d’option, nous voilà dans le bon bateau !
Catastrophe après quelques minutes de mer, des passagers me font comprendre que nous allons devoir dormir à Bara nussa et prendre le bateau le lendemain matin. Pffffff… Mais quelle galère !
La traversée s’est assez mal passée, quatre heures à se prendre des vagues, les sacs à dos trempés (plus une seule affaire sèche), peu de place pour s’installer à même le plancher et cerise sur le bateau (hahaha), la mer agitée me fait craindre pour notre embarcation. Le moteur faiblit par moment, je nous vois mal à la merci des flots, on chavirerait vite.
Bon finalement on n’est pas mort, mais c’était chaud. L’intensité de cette traversée nous a rincé (hahaha again). Partis à 11h30 et sans déjeuner, les céréales soufflées proposées par des passagères nous redonnent la pêche à quelques encablures du port. L’eau cristalline permet d’apercevoir les coraux et quelques poissons, il y a par moment des paysages de carte postale. C’est bien tout ce que je peux retenir de positif de cette journée.
Parce que le losemen trouvé à Bara Nussa est naze, des vieux qui ne font plus la cuisine, un demeuré qui s’occupe des affaires courantes, de nous accueillir, de nous promettre 100 000 puis une fois installés nous imposer 130 000 pour la nuit. Il faut trouver à manger pour ce soir, prendre une bonne douche, trouver des affaires pas trop mouillées (super à l’eau de mer), gérer la crise quoi. Merci de tes bons conseils Jimmy, grâce à toi on galère. Je pensais aussi que ce serait plus sympa d’aller d’île en île pour rejoindre Kepa, prendre des bateaux plus petits plutôt qu’un gros ferry, voir les gens etc…
Ah si, Le gros point positif ce sont encore les gens. Gentils, ils nous aident, font de leur mieux, sourient, parlent, prennent le temps. Ce soir c’est un petit magasin qui propose de nous faire à manger. Corinne leur à demander où trouver un warung, comme il n’y en a pas, ils se sont proposés. À un prix très très correct. Et c’était bon ! Il faut visiter ces îles pendant qu’ils sont encore kool. J’ai très envie de revenir pour approfondir. Timor ou Sumba semblent encore plus attirantes. Seul ça doit être terrible, je suis sur qu’il est possible de passer quelques jours dans des petits villages, juste avec eux, vivre leur rythme.

Et ça continue…

Va vraiment falloir que je raisonne autrement qu’avec mon caractère de cochon ! À la gare de bus de Lewoleba, le chauffeur me demande 15 000 de plus que ce que j’escomptais, en fait le prix pour les bagages. Jamais nous n’avons payé pour les bagages. Voilà, au quart de tour je suis parti à l’ombre en attendant qu’il change d’avis. Le car est parti deux heures plus tard, bondé et sans nous. J’étais au fond du trou, je mettais tout mon petit monde dans une situation délicate, à savoir repartir chez Jimmy (personnage insupportable qui fait bosser ses enfants) et attendre le lendemain. J’ai envoyé Corinne gérer la crise.
Elle a finalement accepté l’offre d’un truck, à savoir le même prix que pour le bus sans payer les bagages. Mais le confort n’est plus du tout le même ! Wouhaaa ! Être assis parallèle à la route, Fleur endormie dans mes bras, pas grand chose pour s’accrocher le tout avec une route qui n’en est plus une (à côté les routes indiennes ressemblent à des autoroutes !), nous sommes arrivés épuisés à Wairiang.

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