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Bangkok

J’ai hâte de passer quelques semaines à Bali en avril-mai tellement cette île est différente de l’Indonésie, et est à part de tout ce que j’ai pu visiter). Tout y est facile, simple et surtout beau, beau, beau. Ils ont un sens de l’esthétique à faire pâlir bien du monde. C’est aussi une version assagie de l’hindouisme, sans sa violence et ses castes destructrices.
Nous sommes revenus à Kuta quelques jours, j’ai bien aimé cette fois. On avait besoin de boutique, d’agitation et de monde après ces 24 jours paradisiaques, mais à l’écart de tout. Kuta c’est super pratique, on y trouve tout sans se prendre la tête à des prix agréables. J’y est revu les plongeurs de Kepa, des gens que j’ai beaucoup apprécié.
Mais pour le moment nous sommes à Bangkok, dans un quartier tranquille, loin de Kao San road. Hôtel pas cher (250B la double), ambiance sympa, marché qui fait notre bonheur quant aux échoppes nous proposant des plats délicieux et pas épicés. On prend nos marques tout doucement, demain c’est Noël, on cherche une bonne bouteille de vin à défaut de bon restaurant faute d’accoutrement adéquate et budget incompatible (quoique…).
On va certainement un peu galérer avec les visas encore une fois, à Denpasar le consulat Thaï n’a pas voulu nous délivrer 60j parce que pas de billets de sortie (puisqu’on sort par la route vers la Malaisie). Il nous faudra donc faire un visa-run, ce qui nous oblige à nous rapprocher rapidement de la frontière pour la franchir au plus tard le 19 janvier. Nous partons pour Chang Raï le 27, puis Chang Maï le 31 pour passer le réveillon avec des copines Québécoises. Je n’avais pas revu Caroline depuis 1993 ! Micheline c’était il y a 4 ans, hier quoi. C’est chose faite dans un horrible centre commercial, mais heureux d’avoir passer 2 heures avec elles. Le réveillon s’annonce très très bien.
Les Thaï sont plutôt sympas pour le moment. Les petits bouis-bouis où nous prenons nos soupes ne sur-facturent pas, ont le regard bienveillants envers ma progéniture et ne nous mettent pas de piment. Pour l’instant tout est parfait. Et puis je suis en vacances. Presque. Après avoir porté à bout de bras toute la smalla durant ces 5 mois parfois éprouvants, je passe le relais à Corinne. La Thaïlande est un pays tellement facile à voyager qu’elle ne devrait pas avoir trop de mal à nous emmener visiter temples et palais. Je ne gère plus rien, je me laisse aller, passif. Trop trop bon. Je reste malgré tout vigilant afin d’éviter de passer une nuit dehors mais le plus gros de la logistique est déléguée ! Il me faudra juste intervenir dans le timing et au moment des visa-run. Un peu aussi sur la recherche d’île préservées (j’ai quelques bons plans en réserve). J’aurai donc tout le temps d’apprécier une bière sans avoir le nez plongé dans la bible.

Joyeux Noël à tout le monde.

Coup de cœur

Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates est un livre qu’il faut absolument lire. Parce que c’est doux, féminin, simple, original, intéressant. Dévoré en deux jours (je devais le rendre). Foncez à la bibliothèque et plongez-vous dans l’univers anglais de 1946, admirez le côté so british de Londres et Guernesey.

Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates

Médias

Les photos et vidéos sont à jour, merci à la superbe connexion wifi de l’hôtel de Bangkok.

Nous sommes au paradis depuis deux jours ! Cet endroit me fait terriblement penser à Oléron. Bien sur, ce n’est pas aussi bien, par exemple la plage de sable blanc ou la couleur de l’eau turquoise n’égale en rien l’immense splendeur de Chaucre, tout comme les bungalows traditionnels, typique de cette région du globe ne me feront oublier ma tente décathlon ou ma caravane du siècle dernier. Et puis l’horreur suprême : il y a l’électricité. Alors là non, définitivement rien ne pourra rivaliser avec le charme d’Oléron, de mon champs et cette ambiance incroyable qui y règne. Bon, pas sur qu’on retourne un jour à Oléron, alors peut-être nous contenterons-nous de La P’tite Kepa. Parce que oui, bien sur que nous reviendrons. Comment ne pas revenir dans ce lieu magique. L’atmosphère pour le moment y est des plus agréable. Cedrick et Anne, les heureux propriétaire de ce havre de paix, reçoivent en ce moment des amis, tous divemasters. Nous avons donc la chance de côtoyer ce monde, de vivre avec, de partager leur passion commune, la mer et ce qu’elle renferme. Tiens cet après-midi, Je me reposais dans le hamac de mes deux extraordinaires (je pourrai employer tous les superlatifs de la terre que ça ne suffirait pas) plongées du matin. Corinne crémait les kids pour aller à la plage quand soudain un grand splash puis un claquement sec sur l’eau. elle crie “des baleines” ! La torpeur du camp c’est vite transformé en ruche sur-vitaminée, chacun cherchant ses chaussures, courant vers la côté (à 2m des bungalows). Trois balaine passant devant notre petite île, venant respirer puis repassant sous l’eau. Spectacle émouvant, doublement car au bout de l’île le passage entre Alor et Kepa est trop étroit, elles ont du rebrousser chemin et passer à nouveau devant nous. Lalalalala !

Et puis il y a ces si jolis bungalows sur pilotis avec vue sur 360°. Ils reprennent trait pour trait l’architecture traditionnelle des maison d’ici, à savoir quatre niveau. Les deux premiers servent de lieu de vie, les deux suivants pour le stockage des denrées alimentaires, souvent la récolte. Nous avons le plus grand, permettant de mettre deux lit aux deuxième niveau (les enfants y dorment) et le notre au premier niveau. Il y a seulement des planches, sortent de cannisses rigides, d’environ 70cm, posées au sol qui permettent d’avoir une petit intimité lorsqu’on dort. En revanche si je m’assois tout le monde me voit. L’énorme avantage est qu’assis je vois tout autour de moi, et le matin, mon premier geste en me réveillant est de m’assoir et regarder la mer juste devant. Mortel !

Les plongées sont parmi les plus belles au monde. C’est simple, aujourd’hui sur le bateau il n’y avait que des divemasters ! Je me suis fait tout petit et n’ai pas fait le malin ! Sur les cinq, trois étaient des amis de Cédric. Il y avait un petit air de franche camaraderie, des potes qui vivent leur passion. L’avantage de plonger avec des cadors -parce qu’ils sont bons, sont pas que potes- est d’avoir autant de paire d’yeux scrutant les fonds. Alors parfois il y a plusieurs appels simultanés pour voir un corail ou autre rareté aquatique. Surtout ce matin, une plongée très différente de ce qui se fait d’ordinaire, un muc-dive. Pas des beaux coraux ou pléthore de poissons. Juste la recherche d’une sorte particulière de poisson : les rhinopias, le graal pour tous les photographes sous-marins. Il faut dire que la bestiole vaut le détour ! On en a vu deux, dans ce paysage presque lunaire. C’était une bonne mise en jambe avant l’orgie de l’après-midi et la palpitante plongée de nuit. Pascale et Donatien, il faut venir nous voir !

Lila, la fille d’Anne et Cédric, a 6 ans, comme Merlin. Tous l’ont adopté à moins que ce ne soit l’inverse. Elle va trois jours à l’école d’Alor et trois jours avec ses parents, le CNED comme support. C’est une bonne formule puisqu’elle parle indonésien, peut-être même mieux que le français. La maman est fille d’instituteurs, ça doit aider ! Je pense que durant ces quelques semaines a passer ici, Merlin aura l’occasion de faire quelques cours avec Lila, ce sera une bonne chose pour eux deux que d’avoir un peu d’émulation/stimulation.

L’internet café le plus proche se situe à une heure de La P’tite Kepa. Alors le blog va prendre un rythme vacancier ! Je vais essayer de me connecter une fois par semaine mais rien de garanti, quitter le paradis ne se fait pas facilement.

…Encore et encore

Coqs et poules auront passé la nuit à réveiller Corinne, et gros brouhaha vers 5h30, juste avant la levée du jour. Une cacophonie de folie arrivant par rafales, ils s’y sont tous mis sous notre fenêtre ! Quelques minutes plus tard, la masse s’est déplacée, on les entend encore au loin entre les cocoricos des coqs du losemen. Comme il faut aller au port de bonne heure chercher des infos sur quel bateau nous emmènera à Alor; ça tombe bien, je suis dispo !
Là mauvaise nouvelle, les seuls bateaux à faire une navette vont à Bara Nussa. De là il faudra donc à nouveau négocier pour un autre bateau. Le boss du losemen est avec moi, il indique à un capitaine ce que nous voulons. Mais je ne veux pas privatiser un bateau (il demande 150 000), je veux un bateau publique. Ce sont les mêmes de toute façon.
Je temporise au losemen et jouit du spectacle du marché qui se met progressivement en place. La poissonnière découpe un thon jaune d’une taille impressionnante. En plein soleil. Les bâches se tendent, les cintres affublés de vêtements apparaissent, les pièces électroniques, les accessoires de jeunes filles… Tout un monde.
Trois heures plus tard, je suis présenté à un autre capitaine qui me demande 100 000. Je veux juste un bateau publique et payer comme tout le monde, ça devrait se trouver. Il n’y a pas mon réseau ici, je ne peux pas joindre Cedrick à Kepa, il m’aurait certainement dépatouiller de ce merdier. Je retourne au port, enfin sur la plage qui fait office de port, essayer de trouver une solution sinon c’est retour en arrière, à savoir bus pour Lewoleba et ferry le soir même. Dix heures en mer pus arrivée à Alor dans la nuit ou au petit matin.
Un bateau me prend 80 000. Ça me va, je ne sais même pas si il y aura du monde avec nous. Je rameute la troupe et déboule sur la plage avec les bagages. Je retrouve une femme croisée plus tôt, qui m’avait parlé d’une voix incroyablement douce et posée, de façon monotone et finissant toujours ses phrases par un point très prononcé, donnant à sa diction une connotation dramatique. Et ceci dans un Indonésien presque compréhensible. Elle m’indique cette fois le bateau d’â côté, celui qui part pour Bara Nussa, chargé à ras bord. Le vrai prix -20 000 par personne et les enfants ne payent pas- me fait changer d’option, nous voilà dans le bon bateau !
Catastrophe après quelques minutes de mer, des passagers me font comprendre que nous allons devoir dormir à Bara nussa et prendre le bateau le lendemain matin. Pffffff… Mais quelle galère !
La traversée s’est assez mal passée, quatre heures à se prendre des vagues, les sacs à dos trempés (plus une seule affaire sèche), peu de place pour s’installer à même le plancher et cerise sur le bateau (hahaha), la mer agitée me fait craindre pour notre embarcation. Le moteur faiblit par moment, je nous vois mal à la merci des flots, on chavirerait vite.
Bon finalement on n’est pas mort, mais c’était chaud. L’intensité de cette traversée nous a rincé (hahaha again). Partis à 11h30 et sans déjeuner, les céréales soufflées proposées par des passagères nous redonnent la pêche à quelques encablures du port. L’eau cristalline permet d’apercevoir les coraux et quelques poissons, il y a par moment des paysages de carte postale. C’est bien tout ce que je peux retenir de positif de cette journée.
Parce que le losemen trouvé à Bara Nussa est naze, des vieux qui ne font plus la cuisine, un demeuré qui s’occupe des affaires courantes, de nous accueillir, de nous promettre 100 000 puis une fois installés nous imposer 130 000 pour la nuit. Il faut trouver à manger pour ce soir, prendre une bonne douche, trouver des affaires pas trop mouillées (super à l’eau de mer), gérer la crise quoi. Merci de tes bons conseils Jimmy, grâce à toi on galère. Je pensais aussi que ce serait plus sympa d’aller d’île en île pour rejoindre Kepa, prendre des bateaux plus petits plutôt qu’un gros ferry, voir les gens etc…
Ah si, Le gros point positif ce sont encore les gens. Gentils, ils nous aident, font de leur mieux, sourient, parlent, prennent le temps. Ce soir c’est un petit magasin qui propose de nous faire à manger. Corinne leur à demander où trouver un warung, comme il n’y en a pas, ils se sont proposés. À un prix très très correct. Et c’était bon ! Il faut visiter ces îles pendant qu’ils sont encore kool. J’ai très envie de revenir pour approfondir. Timor ou Sumba semblent encore plus attirantes. Seul ça doit être terrible, je suis sur qu’il est possible de passer quelques jours dans des petits villages, juste avec eux, vivre leur rythme.

Et ça continue…

Va vraiment falloir que je raisonne autrement qu’avec mon caractère de cochon ! À la gare de bus de Lewoleba, le chauffeur me demande 15 000 de plus que ce que j’escomptais, en fait le prix pour les bagages. Jamais nous n’avons payé pour les bagages. Voilà, au quart de tour je suis parti à l’ombre en attendant qu’il change d’avis. Le car est parti deux heures plus tard, bondé et sans nous. J’étais au fond du trou, je mettais tout mon petit monde dans une situation délicate, à savoir repartir chez Jimmy (personnage insupportable qui fait bosser ses enfants) et attendre le lendemain. J’ai envoyé Corinne gérer la crise.
Elle a finalement accepté l’offre d’un truck, à savoir le même prix que pour le bus sans payer les bagages. Mais le confort n’est plus du tout le même ! Wouhaaa ! Être assis parallèle à la route, Fleur endormie dans mes bras, pas grand chose pour s’accrocher le tout avec une route qui n’en est plus une (à côté les routes indiennes ressemblent à des autoroutes !), nous sommes arrivés épuisés à Wairiang.

Et ta dame ?

Salut ‘tit blog ! Ça fait longtemps hein ! Bah vi, mais le moral était pas top top. Trop déçu par les gens je crois. Un peu de lassitude du voyage comme conséquence, et voilà que mes chaussettes accueillent un clandestin !
Flores, ça devait être l’étape la moins chère, c’est parti pour être la plus chère. Je pensais trouver beaucoup chez les gens,je suis tombé de si haut. Pourquoi ? Je crois principalement parce nous sommes dépendants des transports publiques, qui sont en fait privés. Et puis l’arnaque tout le temps, c’est une guerre permanente afin d’essayer de payer le juste prix. Et pour tout, payer une bouteille d’eau demande de faire plusieurs shop à chaque fois, et malgré tous ces efforts ont sait ne pas être à la même enseigne que les locaux. C’est frustrant, et très pénible. Les français rencontrés auront la même réaction de lassitude. La démesure entre les prix locaux et touristes est exubérante, genre si tu veux monter au Kalimutu, tu dois forcement payer un bémo pour toi tout seul (enfin à partager entre touristes, mais certainement pas avec un Indonésien), c’est 250 000 alors que le gars du village paiera 3000. Va chercher l’erreur.

À propos de Waerebo, je me suis trompé dans mon raisonnement. C’est effectivement une entreprise commerciale, qui facture le lit extrêmement cher, qui a reconstruit des maisons traditionnelles. Mais cette démarche a permis de “sauver” le village. À trois heures de marche de la civilisation, les jeunes partent et les vieux doivent descendre afin de pouvoir continuer à vivre. La manne touristique (j’ai pas dit le jackpot) leur permet de rester chez eux mais aussi de construire une école.
Quid de l’authenticité ? Me suis trompé. Les traditions peuvent maintenant perdurer puisque le village renaît. Le seul hic est bien sur le prix exorbitant pour y accéder. Mais c’est un autre problème, vaste débat que de fixer un prix sur un logement. Je le trouve totalement déraisonnable, d’autres trouvent que le prix est juste pour découvrir cette tribu maintenant “civilisée”. En tout cas je regrette beaucoup de ne pas avoir pu accéder à toute cette richesse.
À Bajawa, je pensais avoir un guide pour visiter LE village traditionnel par excellence, raté pas de guide. On s’est rabattu sur la voiture de l’hôtel, mais le chauffeur/fils du proprio ne savait rien des traditions des villages traversés, il lui a fallu demandé aux gens sur place et il peinait lamentablement pour traduire. Nous sommes allé chez lui (la maison de ses parents dans laquelle il vit avec sa femme et sa fille), sa maison est aussi une maison tradi sauf que le toit est en tôle, mais il est incapable d’expliquer pourquoi son toit est tout en hauteur. C’est sur, on n’a pas rencontré Einstein ce jour là ! Nan mais franchement, il ne sait même pas pourquoi sa maison est ainsi faite ? J’étais vert ! Son frère devait m’expliquer quelques trucs intéressants, mais en arrivant panne de courant donc dans le noir plus la fatigue j’ai laissé tomber. Là encore grosse frustration.
Moni, petit village sans banque ni internet, c’est dire ! Point de départ pour le Kalimutu. Tout est bien organisé : tu payes sinon tant pis pour toi, tu marches<; il y a 15km ! Piégé, tu n’as pas le choix. Seuls les pris des taudis sont raisonnables. Heureusement d’ailleurs !
Le kalimutu, j’ai encore voulu jouer au warior ! Nous sommes arrivés à 14h, sitôt les bagages posés je file vers le volcan, en moto bien sur, j’spère bien trouver un ojek pas cher. Ils prennent 70 000 l’AR les chiens ! IL est 15h, je me dis que tout le monde est revenu, que leur journée est terminée, peut-être un petit extra à 20 000… Pas vu un seul gars en ce bel après-midi. Il fait encore trop chaud, tout le monde est caché ! La tête du Kalimutu a perdu ses nuages, j’ai très envie d’en profiter. Sur un coup de tête je décide d’y aller à pied, quelqu’un m’ayant indiqué le raccourci à travers la forêt. C’était de la folie de partir sans eau ni alimentation. à 2km du sommet j’ai rebroussé chemin. J’ai juste gardé quelques forces pour rentrer. Je suis arrivé à 19h30, totalement vidé bien sur. Le retour de nuit dans les petits chemins, ne sachant pas toujours si c’était un chemin, à la lueur de mon téléphone qui se trouvait par miracle dans le sac de l’APN, je m’en souviendrai longtemps. Mais je ne regrette pas, c’était bien, j’ai vu de minuscules villages avec des gens agréables.
Le lendemain aussi, en voiture, c’était kool. La beauté du vert des lacs vaut le détour. Il y a trois lacs, qui sont normalement de trois couleurs différentes. Au début du XXème siècle, l’un d’eux était blanc. Ça doit être quelque chose un lac blanc !

On a fini Flores sur une bonne note : la rencontre de Patrick. Il est ojek et guide quand il trouve le client. Il mérite mieux que son sort, il lui manque juste un peu d’argent pour ouvrir une agence de voyage.

Aujourd’hui nous sommes à Lewoleba sur l’île de Lembata, chez Jimmy. Indonésien par ses parents, il n’a que le passeport Hollandais. Je n’ose pas approfondir le sujet, mais ses parents seraient réfugiés politique que ça ne m’étonnerait pas.
Des notre arrivée on ressent tout de suite que nous avons quitté Flores, les gens sourient vraiment, pas un sourire de façade. Comme c’est bon de ne plus avoir à faire à toutes ces racailles. On retrouve la gentillesse et la simplicité du Sri Lanka ou de parfois l’Inde du Sud. Et puis la soupe du soir dans un warung blindé de locaux était divine et les gens adorables. Merlin a même mangé sa première soupe indonésienne. Il refusait obstinément d’en prendre, on a laissé faire. Ce soir si agréable pour nous cinq a du le convaincre car il y avait comme une sorte d’aura autour de nous, on revivait.
Je voulais aller voir un village de pêcheurs de baleine, mais ça reviendra trop cher à moins de rester 10 jours dans le coin. Et on pourrait très bien rester une semaine dans ce village, ce serait une bonne expérience mais Corinne a envie de se poser, de vite rejoindre le paradis, alors le reste…
Départ demain pour le port de Wairiang, d’où le lendemain après le marché un petit bateau en bois nous déposera à Alor, après six heures de navigation. Et là…

Waerebo

waereboWaerebo est le nom d’un village pas trop facile d’accès. À moins de prendre un guide avec voiture
(1 600 000 pour les deux jours nécessaires) ou un tour operator, c’est un bon challenge.
En arrivant à Labuan Bajo, j’ai vu l’affiche pour un village tribal, avec une très belle photo des maisons traditionnelles, malheureusement dénaturée par un effet à chier afin d’attirer le chaland. Un petit doute pointe vaguement. Le nom ‘Waerebo’ n’apparait nulle part sur le LP. Etrange. Une petite recherche sur Gooooo… ne me donne que quelques résultats décevants, au mieux le programme d’agences de voyage proposant des séjours de 10 jours sur Flores. Le doute grandit, mais je veux quand même croire qu’il faut aller voir ce village.
Le boss de l’hôtel est serviable et fait tout son possible pour nous aider, allant même jusqu’à discuter avec les bémos, me donnant des conseils sur le prix à payer pour en privatiser un. Affaire conclue, le jeune passera nous chercher le lendemain matin 8h30.
Lundi, 9h15 et toujours personne. Ricardo se propose à nouveau pour trouver un autre bémo. Pas facile, ils ne veulent pas soit parce que pas assez rentable, soit parce que parait-il la route est défoncée. Au final et après trente bonnes minutes de palabres, l’un d’eux est d’accord. Ricardo me trouve très chanceux, pensant que ce chauffeur ne sait vraiment pas ce qu’il fait me glisse-t-il.
Effectivement, après avoir vu une curiosité (les rizières en forme de toile d’araignée), il décide de ne pas nous emmener et rebrousse chemin. Nous sommes à un carrefour très passant, de là partent de nombreux moyens de transport pour différents points. Attroupement, prise de renseignement, merci au prof d’anglais qui s’est pointé, il nous propose de prendre le truck qui arrive. Pourquoi pas, on n’a pas encore fait ça ! Les enfants montent dans la cabine du chauffeur avec sa femme pendant que nous allons nous installer à l’arrière, sur les pire sièges puisque notre dossier est celui du rang de devant, nous sommes au dernier, tourné vers l’arrière et non dans le sens de la marche comme les autres veinards déjà installés. Donc dossier qui me rentre dans le dos, il me fera mal souvent m’obligeant à des postures des plus inconfortables.
Nous devons aller à Denge (prononcer daïngué) qui est à 2-3 heures de là. 4h30 plus tard, secoués, affamés, fatigués mais des images de villages et de vies locales plein la tête, le truck qui a fait un détour pour nous poser pile poil à Denge stop le moteur. Il était temps, j’en avais plus que marre, physiquement surtout. J’avais du mal à me tenir, mal installé, c’était pas kool. Mauvais choix le truck, nous aurions dû attendre un bémo, prof d’anglais pas glop.
Le petit homestay attend les pigeons touristes qui vont partir pour une ballade de 3 heures avant d’atteindre Waerebo. Il est là pour ça et est accolé à un magasin bien trop clean pour un village perdu comme celui de Denge. Ça commence à sentir mauvais. Dans la pièce de réception, des photos du village, et une photo va tout déclencher : la construction d’une des si belles maisons traditionnelles. Alors “ils” ont reconstruit et monté cette opération commerciale. Que reste-t-il de la vérité, de l’authenticité ? Ça pue fort d’un seul coup.
Mais comme il est 16h, trop tard pour crapahuter donc nous demandons deux chambres. Et surtout à manger ! Mais les tarifs affichés m’interpellent, 125 000 par personne pour dormir dans une chambre douteuse ? Wouhaaa ! On dégage ! Je ne sais pas où nous allons ni où on va dormir mais on part. La mer n’est pas si loin que ça, quelques kilomètres tout au plus ! Et puis on va bien trouver un bémo quelque part. C’est vrai que c’est complètement paumé, pas vu une vraie ville depuis le départ alors… Les gens nous disent qu’il n’y a plus de rien pour rentrer chez nous, et pas d’hôtel ou losemen non plus. Bon… On marche, tant mieux ça descend. Une église sur la droite, et sa chante : un mariage, nous avions croisés les mariés en montant avec le truck. Des dizaines d’enfants nous accompagnent, trop heureux de voir des “boulé” se promener par là, les voyages organisés filant directement à Waerebo.
De chaque côté de la rue, les maisons typiques de Flores sont alignées. Village paisible, quiétude des gens du coin, j’aime bien cette balade, elle calme mes petits nerfs mis à rude épreuve pas ces gens mercantiles.
Merlin me demande le nom de ce fruit qui pendouille directement de l’écorce de l’arbre. Facile, y a juste à demander, ils parlent tous anglais ici ! Bon, sans rien comprendre ils nous en cueillent et nous font goûter. Mais ouiiiiii, on en a mangé à Unawatuna au Sri Lanka !
- C’est quoi ? (pfff, je sais toujours pas le demander en Bahasia, trop nul)
- tchokolate !
Et voilà. On a faim, sucer les fèves de cacao (ça n’a absolument pas le gout du cacao, c’est presque sans gout mais sucré) nous procure un délicieux plaisir. On emporte quelques fruits que les enfants mangent en chemin.
Un bémo s’arrête et nous emmène au prochain village, il y aurait de quoi dormir. Chouette !
Raté, rien non plus. On s’apprête à faire les clochards et dormir sur la plage, en espérant la pitié des gens du coin pour nous accueillir. Un bémo s’arrête pour prendre un gus avec son sac de riz de 50kg. Il va à Ruteng. Hein ? Ruteng ? Pas possible ! Directement, pas d’escale rien ? Incroyable ! Combien tu prends mon gars ? Hein ? Écris-le moi parce que je n’y crois même pas.
20 000 par personne, donc 40 000, les enfants ne payent pas ! Je rêve ! Dire qu’on était supposé payer 200 000 pour l’aller simple, 400 000 pour l’AR ! Voilà les vrais prix, ce que payent les locaux. Bien sur, 400 000 c’était en privatisant le bin’s. Mais là, je sais maintenant que pour 3 heures de route c’est 20 000. Si tout se passe bien nous sommes rentrés pour dîner ! La chance ! Enfin je ne suis pas sur que ce soit vraiment de la chance, j’aurais aimé dormir sur place et le lendemain partir de bonne heure pour aller voir Waerebo malgré tout. Mais bon, on rentre, on ne dormira pas je ne sais où (la plage c’est bien mais les bêtes ça me fait un peu peur, y a des varans de komodo en liberté à Flores).
Panne d’essence ! Si si ! Il est 19h10, on roule depuis 2h30, il fait nuit, on ne croise pas beaucoup de monde et les deux branleurs me disent qu’il n’y a plus de benzine ? Je suis vert !!! une heure trente pour trouver deux bidons ! Fleur dormait déjà, les deux autres se sont endormis, Corinne commence à partir. Sympa non ? Moi j’attends, j’écoute, je cherche le bruit de moto, celle qui ramènera le chauffeur avec de l’essence. Il y a des fougères arborescentes qui se détachent dans le ciel clair, elles sont magnifiques. Une plante préhistorique, c’est de circonstance pour cette île accueillant le varan, lui aussi préhistorique.
Bon bref, on est rentrés à 22h, on a bien dormi et tout va bien.
Moralité, Waerebo faut pas y aller, il y a suffisamment de villages tradi sur l’île, surtout du côté de Bajawa. En fait je pense qu’ils ont créé ce truc pour rester sur la partie ouest de l’île, ce qui évite de longs trajets aux touristes pressés.

Fleur en Asie

Depuis le temps qu’elle le voulait son blog ! J’ai fini par céder, elle est revenu à la charge après quelques mois d’accalmie.

 

http://fleurenasie.wordpress.com/

Rien (again)

Après les cours (Merlin a passé un cap, il commence à bien carburer sur le français) glandouille totale, Uno/Internet/Uno. Ce soir Fleur à de la fièvre, 39°. Demain est un autre jour, elle se reposera pendant que j’irai taquiner les raies manta. Elles sont là, à trois heures de bateau. Départ à 8h.

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