Bus de nuit, quand vaguement tu arrives à dormir ils font une pause. Quand à nouveau tu ne sens plus rien, re-pause, puis en repartant vers 3h30 du matin ils passent un DVD, un spectacle de 4 comiques qui font rire les gars au fond du car. De l’ethnologie en pleine nuit ! Puis quand il faut présenter son passeport aux bâtards, le spectacle est terminé, signe que l’assoupissement fut plus fort que tout. J’ai quand même eu le temps d’apercevoir les abords de la nouvelle capitale, des autoroutes à 6 voies (alors que le peuple se déplace à pied le plus souvent) illuminées 24/24 alors que Rangoon n’a le droit qu’à 4 heures de jus par jour. Des hôtels de luxe sur quelques kilomètres, pour qui d’ailleurs ? C’est révoltant, c’est une honte, on en discute entre touristes parfois dans les Guest House, on n’a pas de mots pour dire ce qu’on ressent, à part les insultes qui ne soulagent même pas de la rage.
Il est presque 5h, dans 20 minutes, nous sommes arrivés, dans 40 nous sommes accueillis agréablement par le gentil garçon de la Royal Guest House, et dans 50, consciencieusement, nous replongeons à la rencontre de Morphée. La dernière coupure de courant, la bonne, empêchant le ventilo de tourner aura eu raison de notre fatigue. 11h, il est temps d’aller se rafraîchir sous le soleil de plomb de Mandalay la poussiéreuse.
Le lendemain nous partons explorer les trésors du coin, à l’aide d’un chauffeur de “taxi”. Il s’est présenté la veille, semblant épris de culture. C’est sans doute vrai mais il refusera de la partager, ne nous accompagnant pas sur les sites. Les visites furent donc à l’aveuglette, sans plus d’intérêt que celui de voir différentes architectures de temple ou monastère. La birmanie, si vous n’êtes pas un fana de stupa faut pas y aller. Mais nous avons réussi à ne pas filer les 10$ de ticket demandé par le “gouvernement”, les chauffeur savent par où passer. En contrepartie, nous n’avons pas pu visiter un monastère (juste fait le tour par l’extérieur) et nous ne pourrons pas visiter le palace qui vaut pourtant bien son billet. Mais sachant que l’argent file droit dans les poches des barbares et non pour l’entretient des sites, FUCK OFF !
Et pour les gens ? À moins d’être dans un état extatique béatement lobotomique, même la réputation des gens semble surfaite. Voilà presque une semaine que nous y sommes, et j’ai rencontré presque plus de gens infectes ou simplement pas agréables sans être désagréables que de gens réellement sympa. Dernier exemple, ce matin on arrive à 9h30 au petit dèj. Le service s’arrête à 9h. Ok, nous sommes en retard mais la miss s’est endormi très très tard hier, elle récupère ce matin. Les filles de l’accueil commencent à me dire que non, c’est terminé. Je répond que je paierai 1$ de moins a chambre. Je suis à nouveau déboussolé par les Birmans. 5 minutes plus tard, la manager ou ce que je crois l’être, frappe à la porte : ok vous pouvez aller prendre votre breakfast. Koooool ! Mais l’employée chargée de faire bouillir un œuf et griller les toast nous a bien montré sa grande contrariété. Très sympa. Les Birmans, c’est vraiment pas ça. Je suis profondément déçu. Cependant, parfois dans la rue les sourires illuminent un visage, et les femmes Birmanes sont très belles, une beauté fine et gracieuse.
Un bonze est venu discuter au coucher du soleil. Un jeune qui n’a peur de rien, qui a rapidement parlé politique, sans discrétion. J’ai rarement été aussi mal à l’aise de ma vie. Et si je devais être la cause de son arrestation et ses conséquences ? J’étais terrorisé pour lui, il le voyait et rigolait de plus belle à chacune de mes suppliques. I’m bouddhiste ! C’était la sa seule réponse, une confiance inébranlable dans sa foi, aucune peur. Il m’a parlé de 2007, il avait eu de la chance de ne pas être arrêté malgré son activisme. But I’m bouddhiste ! Fou, totaly crazy man !
Dans certaines pagodes, il y a des photos des chefs des barbares, venant faire des offrandes, ou priant les mains jointes. Une vraie farce ! Et j’explique à Nina toute cette horreur, dans quel pays nous sommes, ce que ces gens sont capables de faire.
-Papa, si on n’a pas le droit de dire du mal d’eux, et toi tu le dis tout fort et si ils parlent français, on va aller en prison ?
- Non ma chérie, on ira chez les policiers et ils nous expulseront du pays, on sera en Thaïlande à la place ! Mais au moins nous sommes libres, personne ne peut nous empêcher de dire ce qu’on pense.
Nina préfère passer une partie de la matinée sur la DS. Je la préviens que plus tard il fera beaucoup plus chaud pour aller voir les petites mains qui fabriquent les feuilles d’or que les pèlerins achètent pour apposer sur le Bouddha d’une pagode importante. Bouddha qui a pris 15cm au fil des ans à force de feuilles d’or ! Effectivement, quand à midi j’arrive à la tirer de la douceur du jeu, le soleil tape fort. Pourtant c’est à pied que nous irons dans le quartier dédier aux fabricants de feuilles d’or. Nous en reviendrons vers 16h, exténués.
Pour dîner, nous cherchons un marchand de soupe sur le trottoir, sans jamais trouver. Les trishaw, les conducteurs de pousse-pousse, nous indiquent tout le temps des endroits suffisamment éloignés pour qu’on ait envie de louer leur service. Voilà l’accueil à la mode Birmane. On ne trouve rien sauf notre dessert, que l’on paiera à nouveau le double du prix. C’est en quelque sorte la goutte d’eau qui… Ras-le-bol de ces gens, on va partir rapidement de ce pays. On vient, on fait l’effort de contrôler où va notre argent, d’une certaine manière on soutient ces gens en fait en sorte que le plus possible de notre argent leur revienne et en retour, on se fait allumer. On va partir et rejoindre notre adorable quartier de Tewet à Bangkok. Nina ma chérie d’amour veut absolument aller voir Bagan. Elle a raison, nous irons à Bagan, mais beaucoup plus vite que prévu. On va abréger. De toute façon, je n’ai pris que 1000$ et vu comment ça se passe (450$ en une semaine là ou 200 auraient suffit), on n’aura pas assez pour finir le mois. Je vais donc changer mon billet et partir plus vite que prévu.
Tient encore un truc : j’ai oublié mon rasoir électrique et nos brosses a dents dans un gobelet en métal à la guest house de Rangoon. Le lendemain matin en arrivant à Mandalay je les appelle pour leur demander de m’envoyer tout ça via un touriste. Mais non bien sur, ils n’ont rien trouvé. On verra en repassant par Rangoon, peut-être finalement l’ont-ils retrouvé ce gobelet invisible !
Toutes ces petites choses qui s’accumulent…