Nina était malade hier, vomissement plus diarrhée avant hier soir, Fièvre et à l’ouest hier, diarrhée toujours, 39,1 en se couchant. Médocs et on attend de voir le lendemain. Nous devions partir pour Hsipaw mais là il est urgent de ne rien faire. Ce matin elle est en pleine forme. On sort de la chambre lorsque l’électricité disparaît, vers midi. On voudrait déjeuner, surtout moi j’ai la dalle ! Nina est beaucoup moins motivée, je voudrais qu’elle continue le riz une journée afin de pérenniser le truc. Beck débarque au même moment. Et je me souviens qu’il peut nous emmener manger des dumpling. Tant pis pour les bonnes résolutions de la journée, Nina devra peut-être patienter avant de calmer son ventre. C’est la première fois que je mangeais ces brioches blanches, bien plus grosses que dans le 13ème, bien plus légères, tellement meilleurs ! On s’est goinfrés comme des petits cochons ! Beck n’en revenait pas, on n’arrêtait pas d’en redemander au poulet. Ce n’est pas ce que nous voulions, nous cherchions les petits raviolis vapeur. Bonne surpise pour ce début de journée qui s’annonçait monotone.
Ensuite j’ai voulu lire, le Pancol entamé dans la mâtinée, tout déprimant qu’il soit, est une vraie perle. Beck me propose de m’emmener dans un monastère afin d’y trouver le calme. Bingo ! Je lui demandais un truc à l’ombre sous un arbre, il me sort cette lumineuse idée. Nous emmenons Nina afin que je le prenne en photo avec elle (il est raide dingue de ma fille, mais je ne peux pas la monayer, il est désargenté, c’est un prof !), on se balade aux alentours pour découvrir de charmante maison. L’une d’elle nous tape dans l’œil à Nina et à moi. On la suppose petite au départ, bien entretenue aussi. Beck va demander de quelle année elle est. Un employé va déranger le patron, un jeune adorable qui nous offrira le thé, quelques racines de gingembre dont c’est le métier de l’exporter (vers le Pakistan) et une bouteille de jus synthétique. Si on s’attendait à un tel accueil ! La Birmanie !
Beck ramène Nina à l’hôtel pendant que je m’isole dans l’enceinte du monastère, contre les murs d’une pagode sous la protection du pote de Fleur, Baddhou.
Une moine muet vient chercher quelques sourires à défaut de conversation possible. Le langage des gestes permet néanmoins de parler foot car ce soir c’est l’ouverture de la coupe du monde des milliardaires, suivie par des milliards de personnes, rapportant des milliards de dollars au monde du football. Heureusement, quelques centaines de millions iront au foot amateur, en tout cas en France. Mais ça pour lui expliquer avec des gestes… Donc j’ai poursuivi ma lecture dans ce calme si reposant. C’était assez surréaliste de lire Le crocodile de Pancol dans un monastère ! J’ai presque plongé dedans à regrets, tellement j’allais partir très très loin du monde réel qui m’entourait. Lorsque parfois je levais les yeux, je ne pouvais m’empêcher de penser à ce décalage, et de prendre du plaisir à être en Birmanie, à ne pas faire grand chose sinon profiter du temps qui glisse le long du ciel, bleu et blanc pour le moment avant d’atteindre des couleurs plus chaudes qui me feront à nouveau sortir le Nikon quelques heures plus tard.
Puis jolie balade à nouveau pour rentrer voir ma fifille, recluse dans notre chambre sans fenêtre, scotchée aux vidéos présentes sur mon disque dur.
Quitter Beck ne fut pas facile. J’ai ressenti quelque chose à l’idée de le laisser ici alors qu’il n’aspire qu’à la même liberté que nous. J’ai bien senti sa détresse tout au long de ces quelques jours passés à ses côtés. Il aimerait un ordi mais il est impensable d’envisager cet achat pour le moment, lui qui ne gagne pas 50$ par mois, voir beaucoup moins. En même temps c’est son choix, il pourrait travailler dans n’importe quelle école ici ou ailleurs. Mais c’est un sentimental, seule l’école qui l’a accueilli de nombreuses années le fera travailler. Alors il attend patiemment qu’un poste se libère en étant suppléant. Ce qui ne paye pas l’ordi. Je l’ai senti avide de communication, avide de savoir sur les nouvelles du monde. Il regarde tous les jours CNN ou Bloombeg, ce qui lui permet d’avoir un bel accent anglais, de belles intonations que j’aimerai bien avoir. Bonhomme, si tu me lis (me demande comment Google peut bien traduire tout ça en Birman !), sache que tu nous manques déjà, à Nina et à moi. Beck, if you read this, Nina and I already miss you my friend… Keep in touch !
Tranquille
11 juin 2010 par AsiatikSabatiK
Bonsoir Nina, bonsoir Jean-Christophe,
Je lis régulièrement le blog, je le regarde avec des élèves qui montent en classe entre 12h et 13h pour aller sur le net ou préparer un exposé. Nous allons réaliser une grande carte composée de 24 feuilles assemblée réalisé par chaque enfant de la classe pour montrer votre voyage à tous ceux qui vont venir à la kermesse de vendredi prochain.
As-tu des photos de Nina dans l’école Chinoise ?
A très bientôt
Georges R.